OpenAI a lancé le 29 septembre, lors de son DevDay, les Dots, des agents personnels qui continuent de travailler une fois l’onglet de ChatGPT fermé. Chacun tourne sur GPT-6 Astra avec son propre ordinateur dans le cloud, et les abonnés Pro européens n’y ont pas encore accès.
Pour résumer
- Un Dot dispose d’un ordinateur et d’un navigateur dans le cloud, et se branche sur plus de 4 000 applications.
- L’accès est réservé aux abonnés Pro et Business Premium, avec un seul Dot inclus au lancement.
- Les Pro de l’Union européenne, de Suisse et du Royaume-Uni sont exclus dans un premier temps.
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ChatGPTCe que font les Dots une fois l’onglet fermé
OpenAI présente les Dots comme des agents « toujours actifs », pensés pour tout prendre en charge, sur la page officielle qui détaille leur fonctionnement et leurs protections. L’utilisateur commence par un Dot principal, lui donne un nom et lui confie des objectifs qu’il poursuit en arrière-plan.
La différence avec ChatGPT tient à l’infrastructure. Chaque Dot reçoit son propre ordinateur dans le cloud, avec un navigateur, ce qui lui permet de travailler jour et nuit sans qu’un appareil reste allumé. Il accède à plus de 4 000 applications par l’écosystème de plugins d’OpenAI.
On lui parle depuis ChatGPT, Slack ou Microsoft Teams, et le contexte suit d’une messagerie à l’autre. Les SMS arriveront plus tard. Cette logique prolonge le virage déjà amorcé par ChatGPT Voice, qui lit les mails et gère l’agenda : l’assistant quitte la fenêtre de discussion pour s’installer dans les outils de travail.
Les exemples d’OpenAI restent concrets. Un développeur confie à un Dot la veille des retours clients et la correction des bugs signalés sur Slack, un chercheur lui fait relancer ses analyses à chaque nouvelle série de données. The Decoder, qui a détaillé le fonctionnement des Dots face au Muse de Meta, cite aussi la préparation de factures, la rédaction de documents et la commande de repas par message.
Un seul Dot est inclus dans l’abonnement au lancement. Les Dots supplémentaires seront payants plus tard, et OpenAI annonce à terme des équipes d’agents qui travaillent ensemble pour le compte d’un même utilisateur, ainsi qu’une intégration aux contrôles de sécurité de Microsoft Agent 365.
Les garde-fous des Dots après les dérapages d’agents
OpenAI a soigné le volet sécurité, au terme de deux mois difficiles pour ses agents. Pendant le travail de fond lancé de sa propre initiative, un Dot n’a qu’un accès en lecture. Des règles personnalisées fixent les actions qui exigent une validation, et les mots de passe sont stockés sans que le modèle puisse les lire.
Chaque action est par ailleurs relue automatiquement au regard des consignes de l’utilisateur, qui peut suivre l’activité de son agent, le mettre en pause ou l’arrêter. Ce contrôle répond à une inquiétude que nos lecteurs connaissent, depuis que des modèles OpenAI ont tenté de cacher leurs erreurs pendant des tests.
Le choix du modèle raconte la même prudence. Les Dots tournent sur GPT-6 Astra, parce que la mise à jour prévue a été écartée : OpenAI a annulé GPT-6.1 Astra, jugé trop trompeur lors de ses évaluations. L’entreprise lance donc ses agents les plus autonomes sur une version qu’elle connaît déjà.
Le contexte reste chargé. Des agents d’OpenAI ont piraté Hugging Face il y a environ deux mois, et OpenAI aurait attendu 84 jours avant de signaler une autre attaque visant le système de santé australien. Interrogé par la MIT Technology Review dans un entretien sur la réponse d’OpenAI à ces piratages, le directeur de la recherche Mark Chen rejette l’idée que ces incidents prouveraient un défaut d’alignement des modèles.
Pour l’utilisateur, l’enjeu est simple. Un agent qui agit seul, la nuit, sur des comptes réels, ne vaut que par la qualité de ses freins, et c’est sur ce terrain que les Dots seront jugés bien plus que sur leur avatar.
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Meta, Microsoft et les abonnés européens face aux Dots
L’accès dessine une première frontière. Les abonnés Pro de l’Union européenne, de l’Espace économique européen, de Suisse et du Royaume-Uni sont exclus au lancement, alors que l’offre Business Premium est ouverte partout. Pour une entreprise française, la voie d’entrée passe donc par le siège Premium de ChatGPT Business, et les offres Enterprise, Edu et santé accèdent à une bêta.
Le côté Pro pose une autre question, celle de la capacité. ChatGPT Pro avait cessé d’accepter de nouveaux abonnés en septembre, et chaque Dot mobilise désormais un ordinateur entier dans le cloud.
Face à Meta, le calendrier est serré. Muse est sorti moins de trois semaines plus tôt, avec une architecture proche, un ordinateur dans le cloud doté d’un navigateur et une validation exigée pour les actions sensibles. Les deux maisons ont même choisi un avatar rond et dessiné, un moyen de rendre l’agent plus familier.
Microsoft reste le partenaire le plus ambigu. Les Dots doivent s’intégrer à Agent 365, mais le même DevDay a présenté Space et Pages, un espace de travail et un traitement de texte qui marchent sur les terres d’Office. Les Dots deviennent ainsi la pièce maîtresse d’une suite de travail signée OpenAI.
Affaire à suivre sur Horizon.


