ElevenLabs est valorisée à 22 milliards de dollars

ElevenLabs propulse un micro de studio vers une pluie de billets dorés

La valorisation d’ElevenLabs double en cinq mois et atteint 22 milliards de dollars, portée par 600 millions de dollars de revenus récurrents annuels. Le PDG Mati Staniszewski détaille pour la première fois la stratégie derrière cette envolée, marges comprises.

Pour résumer

  • ElevenLabs négocie une cession secondaire qui valoriserait la société à 22 milliards de dollars, contre 11 milliards en février
  • L’entreprise déclare 600 millions de dollars de revenus récurrents annuels, dont plus de la moitié vient de grands comptes comme Klarna et Cisco
  • Le PDG reconnaît accepter des marges plus faibles pour continuer à gagner des parts de marché face à des concurrents nés de sa propre technologie

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ElevenLabs double de prix en cinq mois

Selon des informations rapportées par Bloomberg, ElevenLabs discute avec des investisseurs d’une opération de cession secondaire, qui permettrait à ses salariés de vendre une partie de leurs actions à une valorisation d’environ 22 milliards de dollars. Le chiffre représente exactement le double de celui retenu lors du tour de table de février, quand la société avait été valorisée 11 milliards de dollars.

Dans un entretien accordé à TechCrunch lors d’une conférence à Toronto, le cofondateur et PDG Mati Staniszewski confirme que l’entreprise, fondée en 2022, génère désormais 600 millions de dollars de revenus récurrents annuels. Une progression rapide pour une société qui n’a que quatre ans, et qui la place déjà parmi les valorisations les plus élevées du secteur de la voix IA.

Ce genre d’opération, appelée cession secondaire, permet aux employés de vendre des actions à des investisseurs externes sans attendre une entrée en bourse. Staniszewski a refusé de s’engager sur une date d’introduction en bourse pour 2028, préférant parler des « prochaines années » sans donner de calendrier précis. Cette prudence tranche avec le rythme de croissance affiché par l’entreprise, un signe que dirigeants et investisseurs préfèrent encore consolider la position avant d’affronter la pression trimestrielle d’un marché public.

Le chiffre de 22 milliards prend tout son relief une fois comparé au reste du secteur de l’IA vocale. Peu d’acteurs purement spécialisés dans la synthèse et le clonage de voix atteignent une échelle comparable, ce qui place ElevenLabs dans une position singulière, quelque part entre les grands laboratoires généralistes de LLM et les outils cantonnés à un seul cas d’usage.


ElevenLabs

Klarna, Cisco et l’appétit des entreprises

Plus de 55 % des revenus d’ElevenLabs viennent désormais de grands comptes. Klarna fait tourner l’intégralité de son support téléphonique de premier niveau sur cette technologie, pour 35 millions de clients américains. Deutsche Telekom, Cisco et Adobe figurent aussi parmi les clients entreprise cités par Staniszewski.

Cette bascule vers l’entreprise ne surprend pas dans un marché de la voix IA où la concurrence se resserre. ChatGPT Voice pilote désormais l’ordinateur entier de l’utilisateur, et GPT-Live permet à ChatGPT d’écouter et de parler simultanément, deux fonctionnalités qui rapprochent OpenAI du terrain où ElevenLabs s’était construit un avantage. Les grands comptes cherchent une fiabilité et une latence que les nouveaux entrants n’ont pas encore prouvées à grande échelle, ce qui explique pourquoi Klarna a choisi de confier 35 millions d’appels clients à ElevenLabs plutôt qu’à un acteur plus récent.


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Le patron doute déjà de ses propres concurrents

Staniszewski aborde aussi un problème plus inattendu : certains de ses propres clients deviennent des rivaux. Decagon, une plateforme d’IA conversationnelle, a entraîné son produit vocal sur la technologie d’ElevenLabs avant de se positionner directement en concurrent. Le PDG dit accepter cette dynamique comme le prix à payer pour rester la référence technique du secteur.

Sur la question sensible de la transparence, Staniszewski se montre direct : selon lui, une entreprise devrait prévenir ses clients quand ils parlent à une IA plutôt qu’à un humain, même si peu d’entreprises le font aujourd’hui. Il admet que le public n’est pas encore habitué à cette idée, mais y voit une évolution inévitable à mesure que la voix synthétique se banalise dans le service client.

Sur les marges, le PDG assume un choix stratégique clair : les laisser se comprimer plutôt que de freiner la croissance. Pour un pro qui évalue aujourd’hui un outil de clonage vocal ou de génération musicale, ce genre de valorisation confirme surtout une chose : le marché parie que la voix restera un point d’entrée central de l’IA, bien au-delà du simple chatbot textuel.

Affaire à suivre sur Horizon.

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