Meta s’allie à Reliance Industries pour bâtir un data center IA de 168 mégawatts à Jamnagar, dans le Gujarat. Le site sera opérationnel sous deux ans, alimenté en énergies renouvelables et refroidi à l’eau de mer dessalée. Meta Reliance signe la première infrastructure IA majeure du groupe américain en Inde.
Pour résumer
- Data center IA de 168 mégawatts à Jamnagar, opérationnel d’ici deux ans
- Meta paie l’intégralité de ses coûts d’énergie et d’eau, Reliance pilote l’infrastructure
- L’Inde passe de 375 MW en 2020 à plus de 8 GW de capacité data center prévus d’ici la fin de la décennie
Un partenariat qui prolonge cinq ans de relations
L’annonce officialise une joint-venture entre Meta et Reliance Industries pour bâtir un data center IA de 168 mégawatts sur le site industriel de Jamnagar, dans le Gujarat. Le calendrier est serré : la mise en service est promise sous deux ans.
Reliance assurera la totalité du chantier. Le conglomérat indien prend en charge la conception, la construction, la fourniture en énergie renouvelable, la connectivité et l’exploitation au quotidien. C’est un rôle de prestataire intégré, end-to-end, qui place Reliance comme partenaire infrastructure de référence pour les hyperscalers étrangers.
Le partenariat Meta Reliance n’est pas une première rencontre. Meta avait déjà investi 5,7 milliards de dollars dans Jio Platforms en 2020, prenant une participation stratégique dans l’écosystème télécom de Mukesh Ambani. Cinq ans plus tard, l’alliance bascule de la couche distribution vers la couche infrastructure brute. Pour Meta, c’est un volet de plus dans une stratégie IA offensive sur tous les fronts, jusqu’à bloquer Apple Intelligence dans ses apps iOS.
La valeur financière de l’accord n’a pas été communiquée. Les workloads IA spécifiques qui tourneront sur le site restent eux aussi non précisés, tout comme l’éventuelle expansion future de Meta en Inde au-delà de ce premier campus.
Énergie verte et eau de mer dessalée pour refroidir les GPU
Le choix de Jamnagar n’a rien d’anodin. Le site est situé en bord de mer, ce qui permet à Meta Reliance d’alimenter le système de refroidissement avec de l’eau dessalée plutôt qu’avec de l’eau douce. Dans un pays sous tension hydrique chronique, c’est un argument politique autant que technique.
L’alimentation électrique sera 100% renouvelable. Meta s’engage à couvrir l’intégralité de ses coûts énergétiques et hydriques sur le périmètre de ses opérations. L’approche tranche avec le modèle dominant aux États-Unis, où les hyperscalers réactivent du gaz ou du nucléaire pour absorber la demande IA.
En parallèle, Meta a sécurisé près de 1 gigawatt de capacité renouvelable en Inde via des accords distincts avec CleanMax et Fourth Partner Energy. La société construit donc un mix énergétique dédié, partiellement indépendant de la grille indienne, pour absorber la consommation prévisible de ses futurs GPU.
Ce design hybride (renouvelable + dessalement) répond aussi à une logique réputationnelle. Implanter un data center massif en Asie du Sud sans aggraver la pression sur l’eau et le réseau évite à Meta un front politique qui complique aujourd’hui ses chantiers américains.
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L’Inde devient le théâtre central de la course aux data centers
La capacité data center indienne suit une courbe exponentielle. Elle est passée de 375 mégawatts en 2020 à 1,5 gigawatt en 2025, et les projections dépassent 8 gigawatts d’ici la fin de la décennie. La trajectoire fait de l’Inde l’un des trois ou quatre marchés mondiaux qui comptent réellement pour l’IA. Côté usage final, ChatGPT Images 2.0 a explosé en Inde dès son lancement.
Le levier fiscal est massif. New Delhi offre des exonérations courant jusqu’en 2047 pour les fournisseurs cloud étrangers qui exécutent depuis l’Inde des workloads à destination de clients internationaux. C’est un dispositif rare, calibré pour aspirer les capex IA mondiaux.
Meta Reliance ne s’aligne donc pas dans un terrain vide. Microsoft, Amazon, Google, OpenAI et Uber ont chacun annoncé des investissements significatifs récents en Inde. Côté indépendants, le véhicule AirTrunk soutenu par Blackstone prévoit 30 milliards de dollars pour 5 gigawatts d’ici 2030.
À court terme, l’enchère se joue sur les contrats d’achat d’électricité verte (PPA) et l’accès aux terrains côtiers raccordés. Les acteurs capables de coupler infrastructure et énergie en un seul deal (le modèle Reliance) prennent une longueur d’avance immédiate sur les pure-players hyperscale.
À moyen terme, le risque est celui d’une polarisation : un hub indien dédié aux workloads d’export, et un marché domestique cloisonné par les exigences souveraines. La capacité réelle de Meta Reliance à servir aussi les besoins IA locaux (langues, contenus, agents) sera l’indicateur clé à surveiller dans les six prochains mois.
Affaire à suivre sur Horizon.



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