Anthropic a fait interroger 51 993 Américains de 16 ans et plus par YouGov entre novembre et décembre 2025. Le résultat tombe le 12 juin. 64% craignent que l’IA leur prenne leur emploi. 56% ont peur de perdre la capacité de penser sans elle. Les chiffres ne disent pas la même chose selon qui répond.
Pour résumer
- Près de deux tiers des Américains anticipent un impact direct de l’IA sur leur poste.
- Les non-utilisateurs d’IA sont beaucoup plus inquiets que ceux qui s’en servent au quotidien.
- La confiance dans les éditeurs d’IA reste basse : 15% seulement font confiance à leurs décisions de déploiement.
Les chiffres du sondage Anthropic, sans habillage
Le sondage Anthropic porte sur 51 993 répondants recrutés par YouGov. L’échantillon couvre les Américains à partir de 16 ans, ce qui inclut une portion non négligeable de futurs entrants sur le marché du travail.
La peur de perdre son emploi à cause de l’IA monte à 64%. La peur de perdre sa capacité à penser de manière indépendante atteint 56%. La crainte d’une amplification de la désinformation se stabilise à 52%.
Les espoirs existent mais restent en retrait. 48% des sondés voient l’IA comme un levier potentiel pour guérir des maladies. 36% imaginent un usage utile dans l’assistance au handicap. La balance peur-espoir penche nettement du côté de la menace.
La confiance dans les éditeurs eux-mêmes est le chiffre le plus dur du sondage Anthropic. Seuls 15% des Américains font confiance aux entreprises d’IA sur leurs décisions de déploiement. Quasiment personne ne croit que ces décisions seront prises dans l’intérêt général.
Les fractures que le sondage révèle
Le clivage le plus net du sondage Anthropic concerne l’usage. Les utilisateurs quotidiens d’IA déclarent à 54% craindre pour leur emploi. Chez les non-utilisateurs, le chiffre grimpe à 70%. L’IA réduit l’angoisse de ceux qui l’apprivoisent, sans la dissoudre.
Le découpage par métier est plus surprenant. La peur de la dépendance cognitive grimpe à 61% dans les arts et le design, à 61% dans l’éducation. Elle redescend à 39% dans la construction. La moyenne nationale s’établit à 56%.
Les métiers les plus exposés à l’usage de l’IA générative sont aussi ceux où la peur de perdre l’autonomie de jugement est la plus forte. Le rapport intime entre l’outil et le geste créatif explique probablement ce ressenti. La construction, métier physique et logique procédurale, vit la chose différemment.
Détail à garder en tête. Parmi ceux qui se disent inquiets de la dépendance cognitive, seul un sur cinq déclare qu’il aurait vraiment du mal à fonctionner sans IA. Inversement, environ un tiers de ceux qui se disent sereins seraient en réalité gênés. La perception du risque ne suit pas la réalité de l’usage.
Les entreprises adoptent la technologie plus vite que la société ne la digère. Des produits comme Meta Hatch facturé 200 $/mois déplacent des pans entiers de travail de bureau vers des agents. Le marché de l’emploi commence à réagir avant que la classe moyenne ait eu le temps de se préparer.
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Et votre poste dans tout ça ?
Vous lisez ces chiffres et vous vous demandez ce qu’ils impliquent pour votre poste précis. C’est la question logique. Le sondage Anthropic prouve une chose simple : la majorité des actifs américains anticipent déjà une rupture. La plupart ne savent pas par où commencer pour s’y préparer.
Les licenciements pour cause d’IA ont déjà démarré. Les agents autonomes prennent en charge des workflows entiers de bureau, des juniors en droit aux assistants commerciaux, du support client à la production de copy. La trajectoire n’est plus une hypothèse, c’est une courbe documentée.
Le problème pour la plupart des actifs, ce n’est pas la prise de conscience. Le problème, c’est le passage à l’action. Comprendre quels métiers tombent en premier, à quelle vitesse, et surtout quoi faire de concret cette semaine.
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Affaire à suivre sur Horizon.



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