Elon Musk prédit que l’IA va tous nous éliminer

Elon Musk prédit que l’IA va tous nous éliminer

Depuis le 28 avril 2026, Elon Musk et Sam Altman s’affrontent devant un tribunal fédéral à Oakland. Le procès oppose le cofondateur d’OpenAI à l’organisation qu’il accuse d’avoir trahi sa mission originale. Depuis la barre, Musk a déclaré que l’IA « pourrait aussi nous tuer tous » et répété son obsession pour un scénario Terminator. La juge a fini par lui interdire d’en parler.

Pour résumer

• Musk réclame 130 milliards de dollars et l’éviction d’Altman et Brockman, qu’il accuse d’avoir trahi la mission nonprofit d’OpenAI.
• Il a déclaré que l’IA « pourrait aussi nous tuer tous » avant d’être coupé par la juge.
• OpenAI affirme que la plainte est motivée par la jalousie et le désir de nuire à un concurrent direct.


« L’IA pourrait aussi nous tuer tous »

La phrase est sortie lors du premier jour de témoignage.

Interrogé sur ses motivations profondes, Elon Musk a déclaré devant le jury qu’il avait des « préoccupations extrêmes concernant l’IA », une technologie qui peut rendre tout le monde prospère mais « pourrait aussi nous tuer tous ». Il a répété à plusieurs reprises vouloir éviter ce qu’il appelle un « scénario Terminator », en référence directe au film de James Cameron de 1984, dans lequel une IA prend le contrôle et tente d’éliminer l’humanité.

« Dans le film, ce n’est pas une bonne situation », a-t-il précisé depuis la barre.

Ce n’est pas la première fois que Musk exprime ces craintes. Depuis des années, il est l’une des voix les plus connues sur le risque existentiel lié à l’intelligence artificielle. Sa conversation avec Demis Hassabis, le fondateur de DeepMind, illustre bien l’évolution de sa pensée. Les deux hommes avaient débattu de ce qui importait le plus : la colonisation de Mars pour assurer la survie de l’espèce, ou le développement de l’AGI pour résoudre tous les problèmes de l’humanité. Hassabis lui avait alors fait remarquer que des robots tueurs pourraient très bien suivre les humains sur Mars. Musk avait conclu que Hassabis avait raison : une IA puissante était peut-être plus conséquente que la conquête spatiale.

« Si nous construisons les robots, je peux m’assurer qu’ils sont sûrs, et que nous n’aurons pas de situation de type Terminator », a-t-il déclaré devant le tribunal.

La juge Yvonne Gonzalez Rogers a rapidement mis fin à ces développements. Elle a interdit à Musk de continuer à aborder le risque existentiel de l’IA et la possibilité d’extinction humaine : « Ce n’est pas l’objet de cette affaire », a-t-elle tranché.

Son frère lui avait un jour demandé d’arrêter de parler d’IA lors des soirées, parce que « c’est une douche froide ». Musk a raconté cet anecdote à la barre, sous les rires du tribunal.

En dehors du prétoire, il a continué à poster sur X pendant le procès. « Scam Altman et Greg Stockman ont volé une association caritative. Point final. » La juge l’a réprimandé publiquement et menacé d’une ordonnance de silence avant l’arrivée du jury.


Ce que Musk reproche réellement à OpenAI

Le fond de l’affaire est plus précis que les déclarations fracassantes ne le laissent entendre.

Musk a cofondé OpenAI en 2015 aux côtés d’Altman et Brockman, en y investissant au moins 44 millions de dollars au cours des premières années. Sa thèse est simple : il n’aurait jamais contribué si la mission n’avait pas été de développer l’IA pour le bien de l’humanité, dans le cadre d’une organisation à but non lucratif.

« J’ai eu l’idée, le nom, j’ai recruté les personnes clés, leur ai tout appris, fourni tous les fonds initiaux. À part ça, rien. C’était beaucoup », a-t-il déclaré sous serment, avec l’ironie qui le caractérise.

Il a quitté le conseil en 2018 après une lutte de pouvoir interne. Un an après son départ, OpenAI a créé une filiale à but lucratif pour lever des capitaux, notamment auprès de Microsoft à hauteur de 10 milliards de dollars. C’est ce moment que Musk désigne comme la trahison centrale : l’organisation n’agissait plus pour le bien de l’humanité, mais pour celui de ses actionnaires.

Il a ensuite fondé xAI, son propre laboratoire d’IA concurrent.

Musk réclame désormais 130 milliards de dollars de dommages et intérêts, le retour d’OpenAI à une structure purement à but non lucratif, et l’éviction d’Altman et Brockman de la direction. Il affirme avoir attendu d’être certain des agissements d’Altman et Brockman avant d’agir. « Rien de bon, il s’avère », a-t-il lâché à la barre, déclenchant de nouveaux rires dans la salle.

La sélection du jury a elle-même été compliquée. Tant de candidats ont exprimé une antipathie personnelle ou une opposition politique à Musk que la juge a reconnu publiquement que « les gens ne l’aiment pas ». Le jury finalement retenu est principalement composé de personnes ayant déclaré une opinion neutre sur Musk et sur l’IA.


OpenAI contre-attaque

La défense n’a pas raté l’occasion de retourner les arguments contre leur auteur.

Un avocat d’OpenAI a sorti un ancien tweet de Musk : « Le futur va être incroyable avec l’IA et les robots permettant une abondance durable pour tous. » Confronté à cette citation sous serment, Musk a hésité : « Il y a de nombreux futurs possibles. Certains sont bons, et d’autres non. »

OpenAI affirme que Musk lui-même avait poussé pour une structure à but lucratif, et qu’il a quitté le conseil uniquement parce qu’il ne pouvait pas en prendre le contrôle total. La plainte serait selon eux « motivée par la jalousie, le regret d’avoir quitté OpenAI et le désir de faire dérailler une entreprise concurrente ».

Les avocats de la défense ont également relevé que Musk n’avait intenté ce procès qu’après avoir fondé xAI. L’argument est clair : si Musk avait vraiment été animé par des principes, il aurait agi bien plus tôt.

Sous serment, Musk a aussi profité de l’occasion pour promouvoir Grok, son chatbot développé chez xAI, en affirmant qu’il était en train de « rattraper » ChatGPT. Il aurait par ailleurs évoqué lors d’un appel avec des analystes financiers son projet de construire « une immense armée de robots dopés à l’IA ». Une citation que la défense a immédiatement utilisée pour questionner la cohérence de ses inquiétudes sur le risque existentiel.

Altman et Brockman n’ont pas encore témoigné. Leur déposition pourrait changer l’équilibre du procès, notamment celle de Brockman, qui devrait éclairer la manière dont les cofondateurs d’OpenAI ont décidé de restructurer l’organisation et de nouer des accords avec Microsoft.

Le procès devrait durer encore plusieurs semaines. Et ce qui s’y joue dépasse largement le sort d’une seule entreprise : c’est l’avenir de la gouvernance de l’IA qui est en jeu, à un moment où les modèles les plus puissants du monde sont en train d’être développés sans cadre légal clair.

Affaire à suivre sur Horizon.

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