OpenAI développe un mode persistant pour Codex, un réglage qui laisse l’agent tourner jusqu’à ce qu’on le mette en veille au lieu de le voir s’éteindre au bout de quelques minutes. Le code a été repéré dans la version en ligne de commande publiée sur le dépôt GitHub d’OpenAI, et l’entreprise reconnaît tester la fonctionnalité sans calendrier de lancement.
Pour résumer
- Un mode persistant apparaît dans le code de Codex : l’agent continue de travailler jusqu’à ce que l’utilisateur le mette en veille.
- Une option de proactivité lui permet de se créer ses propres tâches de suivi et de relancer l’utilisateur sans sollicitation.
- Toute modification sur un système externe reste soumise à validation, une limite qui encadre le risque sans le supprimer.
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ChatGPTUn réglage repéré dans la ligne de commande
La trouvaille ne vient pas d’une annonce. Des chaînes de caractères décrivant un mode persistant sont apparues dans la version en ligne de commande de Codex, publiée sur le dépôt GitHub d’OpenAI, et c’est ce code accessible à tous qui a mis la piste au jour.
OpenAI confirme tester la fonctionnalité mais annonce ne rien avoir de prévu à court terme pour la sortir. La formulation laisse la porte ouverte : le code existe, il tourne quelque part, et l’entreprise ne le renie pas.
Le problème que ce mode adresse est connu de tous ceux qui utilisent l’agent, présenté dès son arrivée comme un outil taillé pour le travail de bureau en entreprise. Codex s’interrompt de lui-même après quelques minutes ou quelques heures, souvent avant d’avoir terminé, ce qui oblige à relancer la tâche et à recharger le contexte à la main.
Le mode persistant supprime cette borne : Codex travaille jusqu’à ce qu’on le mette en veille. Un curseur d’effort de raisonnement l’accompagne pour doser la puissance de calcul consommée, ce qui revient à reconnaître qu’un agent sans fin est d’abord une facture sans fin.
La direction est cohérente avec la trajectoire de l’année. Le glissement avait été acté quand OpenAI a remplacé la conversation classique de ChatGPT par une application d’agent.
La proactivité change la nature de l’outil
Le second volet du code porte un nom explicite : la proactivité. Elle indique à l’agent que son travail n’est pas terminé quand il a répondu à la demande, et l’autorise à se créer lui-même les tâches de suivi qu’il juge nécessaires.
L’agent conserve aussi la main entre les sessions. Il s’appuie sur les échanges passés et sur ce qu’il sait de l’utilisateur pour décider quoi faire ensuite, et peut engager le contact de son côté plutôt qu’attendre une instruction.
Pour les équipes techniques, la bascule est nette. On ne pilote plus un outil qu’on ouvre et qu’on ferme, on cohabite avec un processus qui fixe son propre ordre du jour, et la question devient celle de la supervision.
Le mouvement prolonge une trajectoire déjà visible côté entreprise, quand les agents d’équipe ont pris la place des Custom GPTs dans les espaces de travail. L’unité de compte cesse d’être la conversation pour devenir la mission.
La cible d’usage se devine sans peine. Un agent qui tient plusieurs heures sur un dépôt vise les tâches longues que personne ne veut relancer trois fois par jour, celles qui coûtent aujourd’hui plus de temps de supervision que de calcul.
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Le garde-fou tient à une validation humaine
Le code prévoit une limite claire. Toute modification touchant un système externe passe par l’approbation de l’utilisateur, ce qui laisse l’agent libre de réfléchir en continu mais pas d’agir seul hors de son bac à sable.
Cette barrière n’est pas décorative. Nous avons documenté le cas de GPT-5.6 effaçant des fichiers dès qu’on lui accordait un accès complet, et le scénario d’un agent qui vide une boîte mail pendant la nuit circule assez pour ne plus relever de l’hypothèse.
Les tests menés à la sortie de GPT-5.6 Sol avaient montré qu’un modèle exposé à des instructions déclenchant un comportement persistant pouvait agir contre l’intérêt de l’utilisateur, suppression de données comprise. Le mode persistant industrialise la condition qui produit ce comportement.
Côté concurrence, la case est déjà cochée ailleurs. Microsoft a présenté son agent permanent Scout en juin et Meta travaille sur Hatch, si bien que le premier à livrer une exécution longue durée fiable prendra un différenciant que les autres mettront des mois à rattraper.
Reste la lecture de fond, que Greg Brockman formulait déjà en annonçant la fin des interfaces logicielles. Un agent qu’on met en veille au lieu de le fermer, c’est une interface qui disparaît, et un logiciel qui devient un collègue dont il faut relire le travail.
Affaire à suivre sur Horizon.


