Taskade construit vos apps, nous l’avons testé

Taskade génère un bureau complet dans un atelier d'horlogerie, jauge de crédits au plus bas

Taskade promet de transformer une phrase en application complète, base de données, agents et automatisations compris. Nous avons passé une semaine dans l’outil pour voir ce qui tient debout côté pro et ce qui casse dès qu’on pousse un peu. Le verdict se joue moins sur les fonctions que sur le compteur de crédits.

Pour résumer

  • Taskade génère une app fonctionnelle depuis un prompt, avec base de données, agents IA et automatisations dans le même espace.
  • Le plan gratuit offre 6 000 crédits une seule fois, un agent et trois automatisations. Le Pro démarre à 10 $ par mois avec 50 000 crédits mensuels.
  • Le coût réel dépend du modèle choisi et de la complexité de chaque action, ce qui rend le budget difficile à anticiper.

Faire résumer cet article par une IA

ChatGPT

Un gestionnaire de tâches devenu générateur d’applications

Taskade a longtemps été un outil de listes collaboratives. Il se présente désormais comme un constructeur d’applications piloté par le langage naturel, où la brique de départ n’est plus la tâche mais la base de données.

Le principe repose sur une idée simple. Un projet contient une seule donnée que l’on peut regarder sous sept vues différentes : liste, tableau kanban, calendrier, tableur, carte mentale, Gantt et organigramme. Basculer d’une vue à l’autre ne duplique rien et ne demande aucune resynchronisation, et le principe vaut pour chaque projet créé dans Taskade.

Par-dessus cette base viennent les agents. Chacun garde une mémoire persistante d’une session à l’autre, tourne sur le modèle qu’on lui assigne parmi ceux d’OpenAI, d’Anthropic et de Google, et peut être publié directement sur un site externe. Tout le marché de la productivité pousse dans cette direction depuis qu’Asana a racheté StackAI pour déployer des agents sans code dans ses propres projets.

La couche d’exécution s’appelle automatisation. Elle accepte les branchements conditionnels, les boucles et les filtres, et se connecte à plus d’une centaine de services dont Stripe, Slack, GitHub, Airtable et Google Workspace. Les webhooks permettent de brancher le reste.

L’entrée en matière passe par une bibliothèque de modèles préremplis, et c’est un choix assumé. Plutôt que d’ouvrir une page blanche, l’outil propose un squelette de projet déjà structuré que la génération vient ensuite adapter au contexte décrit. La méthode accélère le démarrage et cache mal une contrepartie : les modèles orientent la structure produite, parfois vers plus de champs que nécessaire.

La cible est claire. Un indépendant ou une petite équipe qui empile aujourd’hui un tableur, un connecteur d’automatisation et un chatbot séparés, et qui aimerait rassembler tout ça sans embaucher un développeur. Le discours commercial vise explicitement ce profil, celui qui perd une journée par mois à faire tenir ensemble des outils qui ne se parlent pas.

Cette promesse a un nom maison, Genesis, et c’est elle que nous avons voulu mettre à l’épreuve. Nous avons donc ouvert un compte sur l’espace de travail Taskade et son générateur d’applications pour reconstruire un outil que nous utilisons vraiment.


Taskade

Ce que Genesis produit quand on lui demande un suivi de prospects

Notre consigne de départ tenait en quatre lignes. Un suivi de prospects avec statut, source, montant estimé, date de relance, un agent qui rédige le message de relance, et une notification quand une fiche dépasse quinze jours sans activité.

La structure arrive vite. Champs typés, vue tableur pour la saisie, vue kanban par statut, vue calendrier sur les dates de relance. Ce que d’autres outils font payer en heures de configuration sort ici en une passe, et c’est le vrai point fort du produit.

L’agent branché sur cette base sait la lire. Interrogé sur les fiches qui stagnent, il répond en s’appuyant sur les enregistrements réels et non sur une reformulation vague de la consigne. La mémoire tient d’une session à l’autre, ce qui évite de réexpliquer le contexte chaque matin.

L’automatisation de relance, elle, a demandé deux reprises. Le premier jet déclenchait sur toutes les fiches au lieu des seules fiches inactives, et il a fallu reprendre la condition à la main dans l’éditeur. Rien d’insurmontable, mais la promesse du prompt unique s’arrête là.

La publication de l’agent vers l’extérieur mérite un mot. En deux réglages, le même agent qui répond en interne se retrouve intégré sur une page web accessible au public, avec la base de connaissances comme périmètre de réponse. Pour une petite structure qui veut un assistant de préqualification sur son site, le raccourci est réel.

Cette base de connaissances plafonne à 250 Mo sur le plan gratuit, ce qui paraît large jusqu’au moment où on y verse des PDF. Une documentation produit complète, quelques comptes rendus et deux ans de contrats suffisent à remplir l’enveloppe, et la qualité des réponses dépend directement de ce qu’on a réussi à y loger.

Les limites apparaissent dès qu’on sort du cadre. Les dépendances entre tâches restent sommaires face à un vrai outil de gestion de projet, et le reporting se contente de compter ce qu’il voit. Une équipe qui a besoin de suivre une charge, un budget consommé et un écart au plan devra sortir les données ailleurs.

Cette étroitesse fonctionnelle n’est pas neutre pour le marché. ClickUp a supprimé 22 % de ses effectifs en déployant trois mille agents internes, signe que les éditeurs de gestion de projet se battent désormais sur le terrain de l’agent plutôt que sur celui de la fonctionnalité.


D’autres articles sur Horizon


Le compteur de crédits décide de tout

Le plan gratuit de Taskade donne 6 000 crédits, une seule fois, sans rechargement mensuel. Il ouvre un agent, trois automatisations, trois applications publiées et 250 Mo de base de connaissances, uniquement sur les modèles rapides.

Le Pro passe à 10 $ par mois, ou 120 $ à l’année, avec 50 000 crédits rechargés chaque mois et dix sièges. Le Business monte à 25 $ mensuels pour 150 000 crédits et des sièges illimités. Au-dessus, le Max à 100 $ et l’Enterprise à 250 $ visent des volumes que peu de structures atteindront.

Le problème n’est pas le tarif affiché, il est dans l’unité de compte. Un crédit ne correspond pas à une action fixe : la consommation dépend du modèle sélectionné et de la profondeur du raisonnement demandé, et l’écart entre un modèle rapide et un modèle lourd se paie à chaque étape.

Concrètement, un pro ne peut pas budgéter son mois avant de l’avoir vécu. Nous avons vu la même automatisation coûter du simple au multiple selon le modèle assigné à l’agent qui la déclenche, et c’est exactement le genre de variable qui rend un abonnement difficile à défendre en interne.

L’impact utilisateur se lit donc en deux temps. Le gratuit sert à valider une intuition sur un week-end, pas à faire tourner un flux de travail. Le vrai point d’entrée reste le Pro, dans la même zone de prix qu’un abonnement de chat classique, comme nous l’avions relevé dans notre test de ChatGPT Plus à 20 $ par mois.

Côté concurrence, le positionnement est agressif. Les suites de productivité classiques facturent au siège et ajoutent l’IA en supplément, alors que Taskade facture d’abord la consommation et ouvre les sièges illimités dès 25 $. Un éditeur qui vend l’IA en option de plan verra la comparaison lui échapper sur les petites équipes.

L’autre effet à surveiller touche l’adoption interne. Un abonnement au siège se négocie une fois par an et se range dans une ligne budgétaire stable, alors qu’une facture d’usage remonte à la direction financière chaque fois qu’une équipe prend goût aux agents. Les éditeurs qui basculent sur ce modèle transfèrent la friction commerciale vers le client.

Les perdants sont identifiables. Les connecteurs d’automatisation vendus seuls et les constructeurs de bases sans couche IA se retrouvent coincés entre un produit qui fait les deux et des suites installées qui ajoutent l’agent à leur catalogue. Le différenciant du tout-en-un ne tiendra que le temps que les gros rattrapent la profondeur d’intégration.

Notre verdict tient en trois cas. À intégrer si vous montez des outils internes légers, portails, suivis, tableaux de bord, et que vous payez déjà deux abonnements pour y arriver. À reporter si votre besoin est la gestion de projet fine avec dépendances et reporting sérieux. À écarter si vous ne pouvez pas accepter une facture d’usage variable d’un mois sur l’autre.

Questions fréquentes

Taskade est-il vraiment gratuit ?

Le plan gratuit existe et ne demande pas de carte, mais son enveloppe d’IA est offerte une seule fois. Les 6 000 crédits ne se rechargent pas au mois suivant, ce qui en fait une période d’essai déguisée plutôt qu’un plan durable. Les fonctions collaboratives de base restent accessibles ensuite, l’assistance IA s’arrête.

Combien de temps durent les crédits offerts ?

Impossible de donner une durée fiable, et c’est le principal reproche que nous faisons au produit. Le coût de chaque action varie selon le modèle assigné et la complexité de la demande, si bien qu’un même usage peut vider l’enveloppe en quelques jours ou tenir plusieurs semaines. La page d’usage de l’espace de travail reste le seul moyen de suivre la consommation.

Faut-il savoir coder pour utiliser le générateur ?

Non, la génération se fait en langage naturel et l’éditeur reste visuel. En revanche, régler une automatisation conditionnelle demande de comprendre ce qu’est un déclencheur, un filtre et une boucle. Sans cette culture minimale, on obtient une application qui tourne mais qui se déclenche au mauvais moment.

Affaire à suivre sur Horizon.

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *