Riot Platforms loue un datacenter géant à Anthropic

Riot Platforms démonte ses racks de minage tandis qu'une grue hisse le logo Claude dans le hangar

Le mineur de Bitcoin Riot Platforms a signé un bail de datacenter de 9,1 milliards de dollars sur 20 ans avec un grand labo d’IA, identifié comme Anthropic. Le contrat porte sur 191 mégawatts de capacité informatique critique sur le campus de Rockdale, au Texas.

Pour résumer

  • Bail de 20 ans, environ 9,1 milliards de dollars de revenus initiaux, jusqu’à 16,1 milliards avec les deux extensions de cinq ans
  • Premiers 96 MW attendus en décembre 2027, le reste en juin 2028 ; le locataire apporte ses serveurs et ses puces
  • Riot Platforms bascule un site de minage Bitcoin vers l’hébergement d’IA, avec 241 MW désormais sous contrat

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Un bail de vingt ans sur le campus de Rockdale

Riot Platforms a dévoilé le contrat avec ses résultats trimestriels, en décrivant son locataire comme l’un des principaux labos d’IA de pointe au monde. La presse spécialisée l’identifie comme Anthropic, dont la stratégie d’infrastructure colle trait pour trait au profil du bail.

Les chiffres donnent l’échelle. Le bail court sur 20 ans, jusqu’en juin 2048, pour environ 9,1 milliards de dollars de revenus sur la période initiale. Deux options d’extension de cinq ans, à la main du locataire, portent la valeur potentielle totale à 16,1 milliards de dollars. Riot détaille les termes dans son communiqué de résultats du deuxième trimestre.

Le calendrier est agressif pour un chantier de cette taille. Les premiers 96 MW doivent être livrés en décembre 2027, le solde en juin 2028. Les 191 MW de capacité critique représentent l’alimentation d’environ 143 000 foyers.

La répartition des rôles est classique du colocation sur mesure. Riot construit le bâtiment selon les spécifications du client et fournit l’énergie, le refroidissement et l’exploitation. Le locataire apporte ses propres serveurs et ses puces, le poste de dépense le plus lourd du projet.

La discrétion sur l’identité du locataire n’a rien d’anodin. Un labo qui annonce lui-même ses capacités futures donne une carte à ses concurrents dans une course où chaque mégawatt disponible se négocie à l’avance. Le montage laisse le mineur communiquer les chiffres et le client rester en retrait.

Le site rejoint un Texas déjà saturé de projets d’infrastructure IA, où le datacenter géant d’Amazon promet un record d’émissions de CO2. La concentration des campus dans l’État tient à une équation connue : du foncier, du réseau électrique et des permis rapides.


Riot Platforms

Le minage Bitcoin se recycle en bailleur de l’IA

Pour Riot, le contrat acte une mutation stratégique. Le trimestre affiche 174,2 millions de dollars de revenus, en hausse de 14 % sur un an, dont 113,7 millions issus du minage Bitcoin et 23,2 millions de l’activité datacenter. La société creuse pourtant une perte nette de 237 millions de dollars.

L’écart entre les deux lignes de revenus raconte l’avenir du secteur. Le minage reste volatil et dépendant du cours du Bitcoin, tandis qu’un bail d’hébergement IA de 20 ans transforme des mégawatts en rente contractuelle. Riot chiffre la contribution annuelle moyenne du bail entre 365 et 411 millions de dollars de résultat opérationnel net.

Avec ce contrat, Riot cumule 241 MW de capacité critique sous bail, dont un accord distinct avec AMD, pour près de 9,8 milliards de dollars de revenus attendus sur les termes initiaux. La société négocie aussi la conversion d’une lettre d’intention sur son site de Corsicana, un gisement d’un gigawatt.

La perte du trimestre s’explique en partie par cette transition. Convertir un site de minage en datacenter aux normes d’un labo de pointe suppose des dépenses lourdes engagées avant le premier euro de loyer. Le marché a d’ailleurs salué l’annonce du bail plutôt que les comptes eux-mêmes.

Le mouvement dépasse le cas Riot. Les mineurs disposent exactement de ce qui manque aux labos : des sites énergisés, raccordés et opérés. L’hébergement d’IA offre à ces acteurs une seconde vie plus prévisible que le hachage de blocs.


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La course au compute d’Anthropic change de rythme

Le bail s’ajoute à une accumulation méthodique côté Anthropic. Début août, le labo verrouillait déjà 10 milliards de dollars de compute auprès du cloud Volta, et il assemble en parallèle sa propre équipe dédiée à une puce IA maison. La logique est celle d’un portefeuille : multiplier les fournisseurs pour ne dépendre d’aucun.

La location nue chez un mineur ajoute une corde inédite à cet arc. Anthropic garde la main sur ses serveurs et ses puces tout en externalisant le béton, l’énergie et le refroidissement. Le montage sécurise de la capacité 2027 sans immobiliser le capital d’une construction en propre.

L’impact utilisateur se jouera à la livraison. La disponibilité des modèles, les quotas d’API et les files d’attente aux heures de pointe dépendent directement de ces mégawatts. Chaque tranche livrée dessert la croissance de l’usage entreprise, le segment qu’Anthropic finance à coups de levées record depuis sa série H.

Côté concurrence, le signal est double. Les rivaux voient un labo verrouiller pour vingt ans une ressource que tout le monde s’arrache, et les autres mineurs cotés voient un modèle économique validé à 9 chiffres. Les prochains baux de ce type se négocieront plus cher, et plus vite.

La durée du bail dit aussi quelque chose du calcul d’Anthropic. S’engager jusqu’en 2048 sur une infrastructure taillée pour les puces d’aujourd’hui suppose un pari sur la longévité du besoin en calcul, bien au-delà des cycles de modèles actuels.

Reste le risque d’exécution. Un retard de livraison en 2027 se paierait en capacité manquante au pire moment du cycle, et la perte nette de Riot rappelle que la conversion d’un mineur en opérateur de datacenter n’a rien d’automatique. Le contrat est signé, le chantier commence.

Affaire à suivre sur Horizon.

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