Together AI lève $800M à 8,3 Md$, Aramco monte en tête

Together AI

Mercredi 1er juillet, Together AI a annoncé une Series C de 800 millions de dollars à une valorisation de 8,3 milliards. Aramco Ventures mène le tour, Nvidia participe. Le fonds souverain saoudien s’ancre sur le segment neocloud, celui qui loue des clusters GPU à la demande.

Pour résumer

  • Together AI boucle 800 M$ en Series C pour une valorisation de 8,3 Md$
  • Aramco Ventures mène le tour, Nvidia, Vista Equity et General Catalyst suivent
  • Le neocloud IA (louer des clusters GPU) devient une classe d’actifs à part entière

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Une Series C qui installe Together AI dans la cour des grands

Le tour bouclé cette semaine hisse Together AI au rang des poids lourds du compute IA. Une Series C de 800 millions de dollars, une valorisation de 8,3 milliards, un cap qui replace le lab dans le peloton restreint des acteurs capables de peser face aux hyperscalers historiques.

Together AI opère un neocloud dédié à l’IA. Concrètement, la boîte loue des clusters de GPU Nvidia et de l’infrastructure spécialisée (interconnect haute vitesse, orchestration, outillage entraînement et inférence) à des équipes qui ne veulent pas signer avec un hyperscaler.

La proposition est directe. Là où AWS, Azure et Google Cloud vendent une pile complète (data, sécurité, plateformes managées), Together se concentre sur la couche compute et sur ce qui la rend exploitable pour un labo qui entraîne ou une startup qui déploie. La cible : les équipes IA qui veulent des GPU vite et pas cher.

Cette Series C dessine un contraste net avec les besoins de plusieurs labs frontières. Là où Anthropic s’approche des 900 milliards de valorisation en levant sur son cœur produit, Together capitalise sur la brique d’en dessous : la ressource physique que tout le monde loue. Deux modèles différents, même thèse macro sur la demande.

Le tour valide aussi la trajectoire de croissance de la boîte. Un an plus tôt, Together AI se comparait à CoreWeave ou Lambda ; aujourd’hui, la Series C le pousse dans une catégorie qui commence à intéresser les investisseurs institutionnels, pas seulement les tech VC.


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Aramco en tête, Nvidia à bord : le capital souverain rejoint le neocloud

Le choix du lead est le vrai signal. Aramco Ventures est le bras VC tech du fonds souverain saoudien. En prenant la tête d’une opération de cette taille, Riyad matérialise ce que les observateurs répétaient depuis un an : le Golfe cherche des positions sur la couche compute de l’IA, pas seulement des datacenters à Neom.

La composition du tour renforce la lecture. Vista Equity Partners, General Catalyst, Emergence Capital et March Capital signent aux côtés d’Aramco. Pegatron (le sous-traitant hardware) et S Ventures (le véhicule VC de SentinelOne) ajoutent des poches stratégiques à des poches financières.

Le vrai atout de vitrine reste Nvidia. Le fondeur investit son propre marché aval. Ce mouvement rappelle qu’un fabricant de puces qui veut tenir sa trajectoire de vente doit s’assurer que ses acheteurs de GPU restent solvables. Le pattern se répète : Nvidia a déjà signé sur d’autres neoclouds la même année.

Le fondeur va plus loin quand il faut. Nvidia a lancé au printemps 20 milliards d’obligations pour financer sa capex IA. La combinaison capex direct + participation aux neoclouds + partenariats hyperscalers dessine la stratégie complète : contrôler la disponibilité du GPU en bout de chaîne.

Cette structuration du tour cache une deuxième couche. Sur le papier, Aramco est chef de file. Dans les faits, la table de capitalisation croise fonds souverains, private equity, VC tech, corporates hardware et corporate VC cyber. C’est un tour hybride, qui protège Together AI contre la volatilité d’un seul sponsor.


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Le compute IA devient une classe d’actifs distincte

À court terme, l’opération remet de la ressource sur le marché. Les startups IA qui cherchent des créneaux GPU trouvent un fournisseur mieux capitalisé, donc capable de commander des clusters plus gros à Nvidia sans attendre. Le pricing à l’heure GPU inférence n’a pas de raison de bouger à la baisse en 2026, mais la disponibilité oui.

La lecture concurrentielle est plus intéressante. Face aux hyperscalers, Together n’essaie pas de vendre la même chose. La question devient : jusqu’où un neocloud peut-il croître sans se transformer en mini-AWS ? Le point d’équilibre est structurellement instable et l’histoire du cloud rappelle que les acteurs « spécialisés » finissent souvent absorbés ou rachetés.

À moyen terme, la thèse macro reste solide. La consommation compute IA continue de croître à deux chiffres par trimestre. Les hyperscalers ne peuvent pas tout absorber. Google signe 920 millions par mois avec SpaceX pour compléter sa capacité. Every acteur qui produit des GPU en sortie de fab trouve preneur.

Un risque plus discret est réglementaire. Un neocloud majoritairement financé par du capital saoudien devient un objet politique à Washington. Les récentes revues client par client des modèles frontière montrent que l’administration américaine ne s’interdit pas d’intervenir sur les chaînes de calcul.

Reste la question de la sortie. Together AI n’a pas déclaré d’ambition IPO. Mais 8,3 milliards à ce stade de maturité, avec Aramco et Nvidia à la table, laisse peu d’options : un IPO dans les deux ans, ou une acquisition partielle par un hyperscaler qui préfère louer plutôt qu’assembler. Le marché va trancher.

Affaire à suivre sur Horizon.

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