Les revenus d’Anthropic ont atteint un rythme annualisé de 65 milliards de dollars fin juillet, contre 9 milliards fin 2025. La société a partagé ces chiffres lors d’un point régulier avec ses investisseurs, qui tablent désormais sur 100 à 120 milliards en fin d’année. L’écart avec OpenAI se creuse au pire moment pour son rival, à quelques semaines de leurs introductions en bourse respectives.
Pour résumer
- Le rythme de revenus annualisés d’Anthropic est passé de 9 milliards fin 2025 à 65 milliards fin juillet, soit une multiplication par sept.
- OpenAI affiche 40 milliards sur la même métrique, un doublement en un an qui paraît soudain modeste.
- Les investisseurs projettent 100 à 120 milliards fin 2026 et une valorisation publique qui pourrait dépasser 2 000 milliards de dollars.
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ChatGPTDe 9 à 65 milliards de dollars en sept mois
Le chiffre communiqué aux investisseurs place les revenus d’Anthropic à 65 milliards de dollars de rythme annualisé à la fin du mois de juillet. Fin 2025, la même métrique s’établissait à 9 milliards. La multiplication par sept tient en sept mois, un rythme sans équivalent connu dans le logiciel.
L’accélération est aussi récente que brutale. Le compteur affichait 47 milliards en mai, ce qui signifie que 18 milliards de rythme annualisé se sont ajoutés en deux mois. La dynamique enterre le moment où Anthropic était passé devant OpenAI pour la première fois sur le marché entreprise, un basculement qui semblait déjà spectaculaire.
Le dernier trimestre publié raconte la même histoire en valeur absolue. La société a encaissé plus de 11,5 milliards de dollars sur la période, contre 787 millions sur le trimestre équivalent un an plus tôt. Le facteur quatorze en un an découle directement de l’explosion de l’usage entreprise et des agents de code.
Cette base de revenus change la nature de l’entreprise. Le lab avait déjà annoncé son premier trimestre rentable plus tôt cette année, un jalon qu’aucun autre laboratoire frontière n’a revendiqué. La combinaison croissance extrême et rentabilité reste introuvable ailleurs dans le secteur.
La composition des revenus d’Anthropic éclaire la mécanique. La croissance vient d’abord des contrats entreprise et de l’API, là où les marges se construisent, pendant que l’abonnement grand public joue un rôle secondaire. Le moteur principal reste Claude Code, dont l’adoption par les équipes de développement tire l’usage facturable mois après mois.
Une précaution s’impose tout de même sur la lecture de ces montants. Le rythme annualisé extrapole le mois courant sur douze mois, et les deux rivaux ne calculent pas nécessairement leurs métriques de la même façon. La tendance reste massive, la comparaison fine demande de la prudence.
Un écart qui se creuse avec OpenAI avant les IPO
La même semaine, la métrique équivalente d’OpenAI ressort à 40 milliards de dollars, contre 20 milliards fin 2025. Un doublement en un an constituerait un exploit dans n’importe quel autre contexte. Face à un concurrent qui multiplie par sept, il ressemble à un décrochage.
Le calendrier rend la comparaison explosive. Les deux sociétés ont déposé leurs dossiers confidentiels d’introduction en bourse, et le dossier d’Anthropic auprès de la SEC pourrait aboutir dès cet automne, avant celui de son rival. Le premier arrivé fixera la référence de valorisation pour tout le secteur.
Les attentes donnent le vertige. Les investisseurs évoquent une valorisation publique de 2 000 milliards de dollars ou plus, ce qui ferait de l’opération la plus grosse entrée en bourse de l’histoire. La marche est haute mais courte depuis le cap des 900 milliards franchi au printemps, puis les 965 milliards actés fin mai lors d’un tour de table de 65 milliards.
Chez le rival, la trajectoire financière raconte une autre histoire. Les 34 milliards de dollars brûlés avant l’IPO pèsent sur le dossier d’OpenAI, dont la croissance ralentit au moment précis où celle d’Anthropic s’emballe. Les banquiers des deux camps liront ces courbes toute la fin d’année.
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Ce que la trajectoire à 100 milliards change pour le marché
La projection des investisseurs place les revenus d’Anthropic entre 100 et 120 milliards de rythme annualisé fin 2026. Nous avions décortiqué le moment où le lab est passé devant OpenAI, en une minute d’images, quand l’écart tenait encore du symbole. Il devient structurel.
Pour les équipes qui construisent sur les API, cette solidité financière est un signal d’achat autant qu’un risque tarifaire. Un fournisseur rentable et en hypercroissance a moins besoin de brader ses prix que ses concurrents. Les DSI qui négocient des contrats pluriannuels devraient verrouiller les conditions actuelles avant l’IPO.
Côté concurrence, la pression change de camp. OpenAI doit démontrer une réaccélération avant son entrée en bourse, Google se retrouve seul lab intégré capable de suivre le rythme d’investissement, et les acteurs de second rang voient la fenêtre de financement se refermer. Une valorisation publique à 2 000 milliards fixerait un plafond de verre au-dessus de tous les autres.
L’effet se diffuse jusqu’aux fournisseurs d’infrastructure. Un client capable de soutenir un tel rythme de dépenses devient l’ancre commerciale des cloud providers et des fabricants de puces, qui alignent leurs feuilles de route sur ses besoins. Les capacités de calcul réservées par les deux leaders assèchent mécaniquement le marché pour le reste du secteur.
Reste la question que personne ne peut trancher avant l’automne. Un multiple aussi élevé suppose que la croissance tienne encore des années, dans un marché où chaque trimestre rebat les cartes. La réponse arrivera avec le premier rapport trimestriel public, sous le regard d’un marché qui n’a jamais valorisé une trajectoire pareille.
Affaire à suivre sur Horizon.


